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5 nouveaux projets stratégiques pour 2020 – 2023

Depuis sa création, le CEBA propose périodiquement à la communauté scientifique de répondre aux appels à projets annuels et stratégiques. Les projets stratégiques du CEBA sont la mise en œuvre opérationnelle du programme scientifique. Après une première phase de financement entre 2012 et 2015 et une deuxième phase de 2016 à 2019, le CEBA a proposé en septembre 2019 une nouvelle possibilité de financement.

Élément majeur des lettres d’intention envoyées, le réchauffement climatique et ses bouleversements qui en découlent s’inscrit en transparence dans la majorité des projets proposés.

Les porteurs de propositions ont tous eu l’occasion de présenter leur projet lors des dernières journées annuelles. Après avoir été étudiés par trois comités différents, les 5 nouveaux projets stratégiques viennent d’être sélectionnés. Découvrez ci dessous les projets qui feront partie pendant plusieurs années des axes de travail du CEBA.

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GUYAVEC

Véronique Eparvier (ICSN) & Olivier Duron (MIVEGEC)

Les maladies vectorielles sont causée par des agents parasites véhiculés et inoculés par des vecteurs se nourrissant de sang, comme les moustiques, les tiques et les triatomes. La dynamique de transmission de ces maladies dépend d’interactions complexes entre des facteurs biotiques (présence, à coté d’un agent parasite, d’organismes de la même espèce ou d’espèces différentes, qui exercent sur lui une concurrence, une compétition, une coopération etc.) et abiotiques (phénomènes physico-chimiques : lumière, température, humidité de l’air, etc.). L’objectif du projet est de déterminer l’impact de la biologie des vecteurs sur la circulation des maladies infectieuses en Guyane. En particulier, ce projet s’intéressera à deux mécanismes clés qui peuvent avoir un impact sur la transmission d’agents parasites par les vecteurs: la composition du microbiome des vecteurs et les interactions au sein de leurs communautés microbiennes, et la capacité des vecteurs à se nourrir sur l’homme et certains animaux.

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TREEMUTATION

Myriam Heuertz (Biogeco) & Niklas Tysklind (Ecofog)

Depuis longtemps, la science cherche à comprendre comment les mutations s’accumulent dans l’information génétique chez les individus vieillissants. Certaines de ces accumulations peuvent avoir des conséquences négatives et être mises en relation avec des variations phénotypiques, un mauvais fonctionnement des cellules, ou l’apparition de maladies. Les recherches ont jusqu’alors essentiellement porté sur les humains et certains animaux et pourtant, il est connu que certains arbres peuvent vivre plus de 1000 ans ! L’objectif principal du projet est d‘examiner l’accumulation de mutations dans les tissus des arbres tropicaux à travers le gradient lumineux de la canopée pour tester l’hypothèse que les tissus les plus exposés ont un taux de mutation plus élevé. De plus, nous proposons d’évaluer l’importance évolutive des mutations en étudiant leur transmission à la progéniture et d’examiner les fondements génétiques de toute différence dans les processus de mutation entre espèces d’arbres tropicaux.

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UNDERSTORY

Coordinators: Géraldine Derroire (Ecofog) & Jérôme Chave (EDB)

Les forêts amazoniennes sont exposées à une série de menaces, et des modèles de dynamique forestière détaillés offrent l’occasion d’évaluer leurs réponses aux changements environnementaux et d’évaluer la probabilité de points de basculement. Pour paramétrer ces modèles de dynamique forestière, des observatoires écologiques de long terme sont indispensables. En Guyane française, deux de ces observatoires sont situés sur des stations de recherche forestière établies, Paracou et Nouragues. Le projet vise à inventorier les arbres de petits diamètres qui constituent le sous-étage, et ainsi combler une lacune dans ces programmes de suivi forestier à long terme. Il propose d’établir deux parcelles forestières de 4 hectares, avec l’objectif de les étendre à 12 ha chacune, sur lesquelles tous les arbres de plus d’1 cm dhp – diamètre du tronc mesuré à 1,3 m au-dessus du niveau du sol,  seront inventoriés. Ces données et des données similaires à travers l’Amazonie seront utilisées pour paramétrer un modèle forestier individuel couplé à des conditions bioclimatiques.

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Metradica

Clément Stahl (Ecofog) & Ghislain Vieilledent (AMAP)

Les forêts tropicales se sont révélées très vulnérables à l’augmentation des épisodes de sécheresse extrême observés au cours des dernières décennies. Des changements climatiques encore plus importants sont attendus dans le futur, incluant une augmentation de la fréquences des sécheresses. Ces changements pourraient entraîner des perturbations profondes de la forêt amazonienne dans le futur. Les objectifs du projet METRADICA sont d’expliquer l’abondance et la distribution des espèces d’arbres en fonction de l’interaction entre l’environnement (climat et sol) et les caractéristiques biologiques des espèces (bois, graines ou feuilles) mesurées sur le terrain puis de prédire les changements d’abondance et de distribution des espèces sous l’effet du changement climatique dans la région amazonienne.

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PhenObs

Nicolas Barbier (AMAP)

La diversité, les moteurs et les conséquences de la dynamique saisonnière de la végétation dans les forêts tropicales sont mal connus. Cela est dû à la grande diversité des comportements phénologiques – la variation biologique saisonnière – à travers, mais aussi au sein des espèces végétales. La documentation de plusieurs aspects cruciaux de cette variation, tels que le renouvellement et le vieillissement des feuilles ainsi que la surface foliaire, nécessite des protocoles de mesure dédiés, qui restent à peine mis en œuvre à travers l’Amazonie (crypto-phénologie). Ces informations sont cependant essentielles pour comprendre et prédire l’influence des facteurs environnementaux et du changement climatique sur le fonctionnement des forêts ou le calendrier des échanges gazeux ou des modèles d’allocation de carbone à n’importe quelle échelle significative. Le projet propose de mettre en place des approches novatrices ayant notamment recours aux drones, aux scanners lasers, au deep learning ou à la science citoyenne, combinés à des mesures de traits physiologiques et des développements de modèles de dynamiques forestières, pour permettre un suivi quantitatif de la phénologie des forêts guyanaises en interaction avec les variations et changements du climat.