Cette étude rassemblant un consortium international de paléontologues, géologues et biologistes, décrit la découverte d’assemblages fossiles couvrant les derniers 130 000 ans, sous la zone de lancement de la fusée Ariane 6, à Kourou, en Guyane. Ces assemblages côtiers, riches de plus de 270 espèces animales, végétales et de microorganismes, dont certaines sont aujourd’hui menacées et/ou ont été enregistrées pour la première fois en tant que fossiles, sont les premiers mis au jour dans l’Atlantique équatorial. Ils nous renseignent sur les conditions environnementales et climatiques qui ont régné dans la région et leurs peuplements, à la fois pendant une période très chaude (le dernier interglaciaire, de -128 000 à -116 000 ans) et la période froide qui a suivi (le dernier stade glaciaire, de -100 000 à -15 000 ans). Les assemblages de mollusques suggèrent des affinités écologiques plus fortes qu’aujourd’hui entre les Guyanes et les Caraïbes. Le pollen, les phytolithes et les charbons de bois dominés par les prairies, provenant de dépôts plus jeunes dans les mêmes sections, attestent d’un retrait marin et de conditions plus sèches pendant la dernière période glaciaire (100 à 50 ka). Ces enregistrements fournissent des informations écologiques et biogéographiques essentielles sur les écosystèmes côtiers tropicaux du Pléistocène supérieur avant l’influence de l’homme. Cette étude a permis de recueillir des données cruciales sur l’impact potentiel à long terme des changements climatiques en cours sur des espèces actuelles et menacées d’extinction.