Cet article est le fruit d’une collaboration entre l’UMR SILVA, l’UMR ECOFOG, et des collègues de l’Université de Stanford, en Californie (USA). Alors que les sécheresses induisent principalement des réductions immédiates de l’absorption de carbone par les plantes, elles peuvent également exercer des effets durables sur les flux de carbone par le biais de changements associés dans la surface foliaire, le carbone du sol, etc. En utilisant des données de flux de CO2 et H2O mesurés sur le site de Guyaflux, nous démontrons que ces changements d’allocation de carbone induits par la sécheresse peuvent être déduits de manière fiable en assimilant l’échange net de biosphère (NBE) et d’autres observations dans le cadre du modèle de données CARbon. Nous avons ensuite examiné comment ces changements inférés affectaient la durée et l’ampleur de l’impact de la sécheresse sur le NBE pendant et après l’événement extrême. L’allocation dynamique a réduit l’absorption moyenne de carbone pendant la récupération de la sécheresse d’un facteur 2,8. De plus, les changements d’allocation inférés ont influencé la période post-sécheresse en modifiant le feuillage et les pools de racines fines, ce qui a à son tour modulé la productivité primaire brute et la respiration hétérotrophe pendant une période pouvant aller jusqu’à une décennie. Dans l’ensemble, les changements d’allocation ont représenté 65 % [45 %-75 %] des effets hérités de la sécheresse dans le modèle NBE. Nous démontrons ainsi que les changements d’allocation de carbone induits par la sécheresse peuvent jouer un rôle substantiel dans l’influence durable de la sécheresse sur les échanges cumulés de CO2 terre-atmosphère et doivent être pris en compte dans les modèles d’écosystèmes.