Mardi 27 novembre 2012 : exposé chercheur à Ecofog (Kourou)

Rendez-vous à 8h30 au campus agronomique de Kourou (salle Silvolab).


Bilan du projet « Stoichiodiversity«  (programme « Amazonie », programme de recherche interdisciplinaire du CNRS)
Nathalie Fromin (CNRS- CEFE, Montpellier)

Limitations nutritive des communautés de décomposeurs en forêt tropicale guyanaise
Nathalie Fromin, Nicolas Fanin, Heidy Schimann, Sandra Barantal, Johanne Nahmani, Stephan Hättenschwiler
CEFE UMR 5175, 1919 route de Mende, 34293 Montpellier cedex 5
EcoFoG, Campus Agronomique, BP 709, 97387 Kourou
Les essences tropicales sont caractérisées par une importante variabilité de la qualité biochimique des litières. Au-delà de leur hétérogénéité, les substrats organiques qui arrivent au sol présentent des ratios C/nutriments beaucoup plus élevés que les ratios de la biomasse des organismes du sol qui assurent la décomposition de ces litières (faune détritivore et microorganismes). Nous avons cherché à comprendre comment ces contraintes (en termes de disponibilité en éléments et de stœchiométrie) influencent les communautés microbiennes du point de vue de leur biomasse, de leur activité, de leur structure et de leurs capacités métaboliques. Ces questions ont été abordées via : (1) une expérimentation de fertilisation factorielle en C (sous forme de cellulose) , N (urée) et P (phosphate) en forêt naturelle de Pacacou, (2) des expérimentations réalisées en conditions contrôlées au laboratoire. Ces expérimentations mettent en jeu soit des litières monospécifiques de qualité contrastée, soit des mélanges complexes de litières de forêt naturelle récoltées sur le dispositif. Nos résultats ont montré que la biomasse et l’activité des communautés de décomposeurs microbiens des litières et du sol sous-jacent étaient fortement influencées par la qualité des litières en décomposition avec de fortes contraintes liées à la disponibilité en C labile (en particulier dans le sol) et en P. Ces contraintes, que l’on peut caractériser par la stœchiométrie de la fraction soluble des litières, se répercutaient sur la structure de la communauté microbienne (ratios champignons : bactéries et bactéries copiotrophes :oligotrophes) et, dans le cas de la litière, sur la stœchiométrie de la biomasse microbienne. Enfin, l’altération de la structure des communautés microbiennes du sol s’accompagnait de modification de leurs capacités métaboliques. Les conséquences de ces changements pour le fonctionnement de l’écosystème forestier seront discutés.
Page de l’évènement sur le site d’EcoFoG : http://www.ecofog.gf/spip.php?page=evenement&id_article=625