La mise en place d’un conservatoire botanique à l’échelle de la Région Guyane est actuellement à l’étude : ce projet est porté par la collectivité locale et soutenue par le ministère de l’Environnement.
Dans un article publié récemment sur VertigO, la revue électronique en sciences de l’environnement, un groupe de cinq chercheurs décrit sa vision d’un conservatoire botanique adapté au territoire guyanais qui intégrerait les connaissances scientifiques et les connaissances traditionnelles.
Ce groupe est constitué par :
– Marie Fleury, ethnobotaniste au Muséum National d’Histoire Naturelle;
– Sophie Gonzalez*, conservatrice de l’Herbier de Guyane rattachée à l’unité de recherche AMAP;
– Pierre Grenand, anthropologue, directeur de recherche émérite Institut de Recherche pour le Développement;
– Stéphane Guitet, chargé de recherche et développement, service bois et gestion durable à l’Office National des Forêts;
– et Daniel Sabatier*, botaniste au sein de l’unité de recherche AMAP.
* Ces chercheurs sont membres du CEBA.
> Voici un extrait des éléments de réflexion proposés dans l’article :
Dans un contexte de transformation accélérée des milieux naturels, de mondialisation et d’uniformisation des modes de vie, le conservatoire botanique de la Guyane jouerait un double rôle : celui de la conservation et du suivi de la biodiversité végétale et des milieux naturels; et celui de la conservation et de la transmission des savoirs associés à cette biodiversité. Il pourrait s’articuler en deux pôles complémentaires :
1. Un pôle « botanique et expertise », construit autour de l’Herbier de Guyane
2. Un pôle « ethnobotanique et pédagogique » orienté sur la biodiversité végétale et ses usages.
La stratégie de conservation envisagée dans le cadre du premier pôle s’articule sur une conservation in situ, basée sur le concept de parcelles permanentes et sur une conservation ex-situ, sous forme de collections végétales (jardins conservatoires, banques de graines, ADN-thèque).
Les auteurs de la publication insistent sur la nécessité du deuxième pôle »ethnobotanique et pédagogique » : l’objectif est de mettre en valeur les usages liés à la biodiversité mais aussi de constituer un véritable lieu d’échange entre savoirs traditionnels et savoirs scientifiques.
Plusieurs idées sont proposées afin d’informer le public sur les savoirs et usages et de les valoriser tant économiquement que culturellement, parmi lesquelles :
– la mise en place de jardins thématiques, d’un centre de documentation, de salles d’exposition ;
– l’organisation de stages et de formations destinés au grand public ;
– la création et le soutien de circuits de commerce social et solidaire (par exemple pour l’artisanat) ;

Callichlamys latifolia
Préparation d’un remède contre la leishmaniose par F. Kuyuli à Trois Sauts
Est également proposée la création d’une cellule juridique spécialisée dans les questions d’accès aux ressources génétiques et de partage des avantages, qui impliquerait les communautés concernées.
Médiateur entre les collectivités, l’État, les organismes de recherche, les associations et les communautés, il pourrait devenir un outil de gouvernance de la biodiversité pour la Guyane, mais aussi une plateforme de collaboration internationale à l’échelle du plateau des Guyanes.