Une équipe de chercheurs, parmi lesquels se trouvent des membres du CEBA, a confirmé que certains arbres de l’Amazonie présentent clairement une réponse physiologique face à l’augmentation des concentrations en CO2 atmosphérique au cours du siècle dernier (publication Bonal et al., 2011).
Damien Bonal, qui travaillait pour l’INRA à Kourou (Guyane française) et travaille désormais pour l’INRA au sein de l’UMR EEF (Ecologie et Ecophysiologie Forestière) à Nancy, en collaboration avec d’autres chercheurs de l’INRA et des botanistes de l’IRD à Montpellier et à Cayenne, ont étudié la réponse morphologique et physiologique des feuilles d’arbres des forêts tropicales face à l’augmentation des concentrations en CO2 atmosphérique au cours des deux siècles derniers. Plus précisément, ils ont voulu savoir si cette augmentation avait une influence sur le ratio de photosynthèse par rapport à la transpiration, c’est-à-dire l’efficience d’utilisation de l’eau, qui peut être évalué en utilisant la composition isotopique en isotopes stables du carbone et de l’oxygène des feuilles (δ13C, δ18O).
Des échantillons de feuilles ont été récupérés auprès de différents herbiers dans le monde (Guyane française et Europe) pour 2 espèces d’arbres tropicaux, l’angélique (Dicorynia guianensis) et l’humiria (Humiria balsamifera) Les échantillons permettent de couvrir une période de 200 ans ainsi que l’ensemble du plateau des Guyanes.
Ils ont observé une nette diminution de δ13C (composition isotopique du carbone) avec l’augmentation de la concentration en CO2 dans l’air depuis 1950, sans qu’il y ait de changement significatif au niveau des traits morphologiques des feuilles. Fondé sur différent scénarios de changement concernant la réponse des paramètres physiologiques des feuilles à des conditions environnementales modifiées, leur travail révèle qu’une augmentation de la photosynthèse explique les tendances observées pour ces deux espèces, ce qui leur permet de maintenir un ratio constant entre les concentrations intracellulaires en CO2 à l’intérieur de la feuille et les concentrations en CO2 dans l’air.
En d’autres termes, ces deux espèces se sont adaptées à l’effet de fertilisation du CO2 atmosphérique en assimilant davantage de carbone contenu dans l’atmosphère, les autres mécanismes physiologiques de régulation de ces arbres n’ayant pas présenté de changement.
Ce résultat est en accord avec des études précédentes qui montrent une augmentation des tendances de croissance des arbres dans la région de l’Amazonie sur les 50 dernières années.
- Pour plus d’informations sur la publication https://www.labex-ceba.fr/publication/leaf-functional-response
- Pour accéder à la publication http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1365-3040.2011.02333.x/abstract