Une mission de fouilles archéologiques et d’inventaires botaniques a été organisée à la Station Scientifique des Nouragues à proximité du saut Pararé pendant 15 jours.
LongTIme: Long Term Impact of ancient aMErindian settlements on Guianese forests
Depuis les années 90, des preuves archéologiques et écologiques se sont accumulées, laissant penser que les forêts tropicales humides amazoniennes avaient été plus densément peuplées, mais également intensément modifiées par les sociétés amérindiennes, bien avant l’arrivée des premiers contacts extérieurs. Ces découvertes remettent en cause l’existence de la forêt tropicale dite « primaire » et conduisent ainsi les écologues à considérer les activités humaines préindustrielles, comme facteur de modification de la biodiversité.
Le projet LongTIme étudie l’influence des sociétés précolombiennes sur les sols, la structure, la composition et la diversité des forêts à travers une approche spatio-temporelle multi disciplinaire. Il vise ainsi à contribuer à une meilleure compréhension des patrons de biodiversité des forêts tropicales guyanaises. En prenant en compte, pour la première fois à cette échelle en Guyane, la place de l’Homme dans la dynamique de ces forêts, LongTIme permettra d’améliorer les modèles de prédiction de l’impact des changements climatiques. Finalement, ce projet d’écologie historique associe des scientifiques de nombreuses disciplines, ainsi que des experts amérindiens (Teko et Wayãna). À terme, cette étude permettra également de fournir des éléments clés aux décideurs en matière d’environnement.
Cette dernière mission, financée conjointement par le Labex CEBA et la Direction des Affaires Culturelles de Guyane, a donc réuni pendant 15 jours des archéologues et des arboristes grimpeurs au sommet d’une montagne couronnée. Au sol, deux céramiques précolombiennes intactes ont été mises à jour (v. figure 4). En l’air, les grimpeurs ont mené un travail de collecte d’échantillons destinés à compléter les manques dans les inventaires menés plus tôt cette année. Au total, ce sont 4 hectares d’inventaires qui ont été complétés, les 3 derniers hectares étant réalisés en ce moment même (novembre 2018).
Étaient présents sur cette mission:
- un ethnobotaniste et coordinateur : Guillaume Odonne (LEEISA)
- des archéologues : Mickael Mestre et Martijn Van den Bel (INRAP), Matthieu Hildebrand (SRA), Michelle Hamblin (SRA), Nathalie Cazelles (Association Aïmara)
- une géoarcheologue : Jeanne Brancier (LEEISA),
- un géophysicien : François Levêque (LIENSs)
- des grimpeurs professionnels : Kike Castro Rovira, Valentin Dresely et Valentine Alt (Synusia Climbers)
- un réalisateur : Cédric Michel
Pour en savoir plus sur la montagne couronnée :
Pour en savoir plus sur les sociétés amérindiennes précolombiennes :
Reportage photo de la mission :



