Les chercheurs de l’Institut Pasteur de Guyane, membres du Labex CEBA, ont mis en évidence pour la première fois une réversion de la résistance à la chloroquine de P. falciparum du fait de l’acquisition d’une nouvelle mutation. Ce résultat a été publié* au mois de septembre dans la revue scientifique internationale PNAS.

En Guyane, la chloroquine n’est plus utilisée depuis 1995 pour traiter le paludisme à P. falciparum. 100 % des parasites étaient devenus résistants au traitement. Au bout de 15 ans, 75% des parasites sont redevenus sensibles à la chloroquine mais ils présentent toujours la mutation initialement responsable de leur résistance. Les chercheurs ont voulu comprendre les raisons de cette discordance et ont pu révéler l’acquisition par P. falciparum d’une nouvelle mutation dans le même gène, qui abolit entièrement l’effet de la mutation de résistance pré-existante. L’apparition et la dispersion de cette nouvelle mutation aurait été favorisée par la résistance qu’elle offre vis-à-vis d’un antipaludique actuel, la pipéraquine.
Le laboratoire de parasitologie de l’Institut Pasteur de Guyane donne une description, pour la première fois, d’une réversion de résistance rendue possible par l’acquisition d’une nouvelle mutation et non par la réémergence de la forme originale du parasite. Ce résultat va permettre d’optimiser l’usage et la conception des antipaludiques.
*Adaptive evolution of malaria parasites in French Guiana: Reversal of chloroquine resistance by acquisition of a mutation in pfcrt
Pelleau S, Moss EL, Dhingra SK, Volney B, Casteras J, Gabryszewski SJ, Volkman SK, Wirth DF, Legrand E, Fidock DA, Neafsey DE, Musset L. Proc Natl Acad Sci U S A. 2015 Aug 10. pii: 201507142. [Epub ahead of print]