Les forêts amazoniennes sont capables de retrouver leur stock de carbone initial en 7 à 21 ans lorsqu’elles sont exploitées selon des techniques minimisant l’impact environnemental. C’est ce que révèle une étude menée à l’échelle de l’Amazonie et qui a été publiée* dans la revue Current Biology au mois de septembre. Bruno Hérault, le deuxième auteur de cet article, est chercheur au CIRAD et fait parti du Labex CEBA.

Les résultats de l’étude montrent que les forêts, exploitées de façon durable, jouent un rôle fondamental dans le stockage de carbone et donc dans la lutte contre le changement climatique. Elle montre également que la durée du cycle de rotation de 20 à 30 ans, imposée par les lois forestières en Amazonie en parallèle d’une exploitation sélective, est suffisante pour la reconstitution des stocks carbonés.
L’étude est la première à s’intéresser, à l’échelle de l’Amazonie, à la reconstitution de la biomasse forestière aérienne après exploitation. Elle a reçu le soutien du réseau de l’observatoire des forêts tropicales aménagées récemment créé, le Tropical managed Forests Observatory (TmFO). L’étude a été menée sur 10 sites expérimentaux répartis dans tout le bassin amazonien et regroupant un total de 79 parcelles sur une surface totale de 376 hectares. Les chercheurs ont estimé le temps nécessaire après exploitation pour que la forêt reconstitue son stock de carbone initialement contenu dans la partie aérienne des arbres et perdue dans l’exploitation.
Cette étude a également tenté de trouver un équilibre, à l’échelle de la région, entre la production de bois d’œuvre et le maintien de services environnementaux clés comme le stockage de carbone. Les auteurs fournissent les premiers résultats montrant que les forêts tropicales amazoniennes, exploitées de façon raisonné, peuvent reconstituer leur stock de carbone au cours d’un cycle de rotation légal de 20 à 30 ans, et jouent donc un rôle clé dans le stockage de carbone.
Le TmFO permet de définir des intensités de prélèvement assurant à la fois une production soutenue de bois tout en préservant les services environnementaux essentiels fournis par les forêts tropicales.
*Rutishauser E. et al. (2015). « Rapid tree carbon stock recovery in managed Amazonian forests », Current Biology, dx.doi.org/10.1016/j.cub.2015.07.034
http://www.cell.com/current-biology/abstract/S0960-9822(15)00868-4